Dennis, bachelor en sciences politiques et master en nutrition et développement rural

Dennis, bachelor en sciences politiques et master en nutrition et développement rural

Rwanda

Toute fin est un début !

J’ai travaillé pendant deux ans au Rwanda en tant qu’Expert Junior en développement économique local (DEL). Le programme de décentralisation (Programme d’appui à la décentralisation au Rwanda - RDSP) pour lequel j'ai collaboré, ambitionnait d’améliorer l’économie locale à travers le renforcement des autorités locales. Le programme était hébergé par le ministère rwandais des Affaires locales et l’Agence rwandaise de développement local. Il a pris fin à l’issue de ma première année en tant qu'Expert Junior. 

Parallèlement, un nouveau programme d’urbanisation durable était sur le point de démarrer et j’ai eu l’opportunité de participer à son lancement.

    

Aujourd’hui, je travaille comme expert en insertion professionnelle et en entrepreneuriat pour EDUKOR, le Programme de Soutien au Secteur de l'Enseignement Technique et la Formation Professionnelle (EFTP). Il est mis en œuvre par Enabel à Mbuji-Mayi (RDC) et a pour objectif de faire le lien entre l’enseignement technique et le marché du travail ou l’entrepreneuriat. Ces cinq derniers mois, j’ai assuré la gestion de l’ensemble du programme suite à l’absence temporaire de l’Intervention Manager, mais mon contrat dure encore une bonne année (jusqu’au début de 2023). Plus d'infos sur mon profil Linkedin.
 

Qu'as-tu appris durant ton expérience avec le Programme Junior ? 

Le Programme Junior m’a permis de découvrir le fonctionnement quotidien d’Enabel. J’ai également beaucoup appris sur le soutien aux petites entreprises dans un contexte rural. Pendant deux ans, j’ai travaillé avec des expert·es en DEL et ai pu de la sorte développer mon expertise. Mon poste d'Expert Junior étant très polyvalent, j’ai pu apprendre de différentes parties du programme et assumer progressivement davantage de responsabilités. 

Dans le même temps, le Programme Junior offre également une forme de protection, qui vous permet de demander plus facilement le soutien de collègues sur le terrain et au siège. La disponibilité d’un·e coach m’a également appris à demander de l’aide lorsque les choses se compliquent. Cette expérience m’a incontestablement aidé à garder la tête hors de l’eau au cours de ces derniers mois, particulièrement intenses, en RDC.  

Pendant deux ans, Kigali a été mon chez-moi ; en d’autres termes, je m’y sentais parfaitement à l’aise. L’atmosphère au travail et avec les collègues d’Enabel Rwanda était vraiment géniale. 

             
 

Que fait concrètement un Expert Junior en gestion, suivi et évaluation et gestion des connaissances ? 

La première année, j’ai travaillé pour le RDSP, un programme hébergé par le ministère rwandais des Affaires locales et l’Agence rwandaise de développement local. Mon travail consistait en deux volets : d’une part, appuyer le programme par le biais de la gestion des connaissances et du M&E (suivi et évaluation), et d’autre part, contribuer au projet de soutien aux petites entreprises LCF (Local Competitiveness Facility).

Pendant la dernière année du programme, nous avons mis les bouchées doubles pour capitaliser les lessons learned. Les différents outils et documents que nous avons élaborés ont servi, entre autres, à préparer le nouveau programme d’urbanisation. Grâce à cette capitalisation, le LCF est devenu un programme public, largement financé par le gouvernement rwandais. 

     

Après la clôture du programme, je suis passé, avec mon supérieur, au nouveau programme d’urbanisation, en l’occurrence au volet Développement du secteur privé.

Même en pleine pandémie de Covid, j’ai continué à travailler (bien qu’à distance avec mon chien comme collègue) sur le système de M&E du programme et sur la préparation des dossiers de subsides avec les agences partenaires. 

Si je m’étais encore senti comme un " junior " la première année, ce n’était désormais absolument plus le cas. Mon travail au Rwanda a été très gratifiant, surtout par rapport à ma fonction actuelle. Malgré quelques revers et frustrations mineurs, je peux réellement affirmer que les partenaires rwandais des projets pour lesquels j’ai travaillé ont fait preuve d’un niveau de proactivité, de compréhension et de volonté de collaborer que je n’ai encore rencontré nulle part ailleurs. J’ai vraiment eu le sentiment que ma contribution, aussi minime soit-elle, a eu un impact structurel dans un pays qui, malgré son histoire et ses problèmes actuels, présente beaucoup de potentiel. La reprise partielle du programme LCF par le gouvernement représente pour moi l’aboutissement du projet dont je suis le plus fier.   

L’ODD qui nous concernait plus particulièrement était celui portant sur les Villes et communautés durables. L’objectif principal des programmes était de rendre les communautés locales plus viables et plus rentables sur le plan économique, social et environnemental.   
 

Qu'as-tu appris sur le plan personnel, sur tes compétences grâce à cette expérience ?

Deux ans de vie à Kigali, deux ans d’expérience dans deux projets, deux ans de développement de relations professionnelles et personnelles, deux ans d’exploration de la région... cela a été intense !

Si, à mes débuts, j’étais jeune, enthousiaste, voire peut-être naïf, et que j’avais de nombreuses incertitudes et nourrissais de grandes attentes, j’ai acquis en ces deux années beaucoup plus de maturité, de confiance en moi et d’indépendance.

La vie au Rwanda m’a beaucoup appris. Elle m’a enseigné à relativiser les choses, à faire preuve de patience et à toujours voir le positif dans des situations apparemment désespérées.
 

Et sur le plan professionnel ?

Sur le plan professionnel, j’ai appris à être polyvalent, mais aussi à fixer des limites. Il est important de se connaître, même si, malheureusement, il faut dépasser ses limites à plusieurs reprises avant de le savoir. 

À cet égard, le Programme Junior est unique dans le secteur de la coopération au développement en ce sens qu’il offre un environnement relativement sûr, un cadre où l’on peut apprendre, mais aussi échouer, et où l’on peut assumer des responsabilités et transformer un succès en impact réel.   

Maintenant que je suis un peu livré à moi-même à Mbuji-Mayi, le soutien du Programme Junior me manque, mais c’est également une bonne chose de pouvoir compter pleinement sur mes propres expérience et compétences, même si cela reste un processus fait de hauts et de bas. Je repense à mon temps comme Expert Junior avec nostalgie et ne peux que recommander le programme à tous ceux et toutes celles qui se passionnent pour la coopération au développement.

 

Ta définition du Programme Junior ?

C’est un tremplin idéal pour ceux et celles qui ont déjà une certaine expérience, mais pas encore du terrain,  pour ceux et celles
qui ont entendu plein de théories, mais ne les ont quasiment jamais vues mises en pratique, et pour ceux et celles qui en ont marre 
du « bla bla » des agences européennes et qui veulent retrousser leurs manches et avoir un impact réel.  

 C’est une expérience limitée dans le temps, qui a un début et une fin. Mais une fin qui, j’en suis sûr, rendra tout nouveau départ plus facile.